Bilan trimestriel de l’Arjel : Les paris sportifs sont en chute libre, les paris hippiques explosent
L’Arjel (Autorité de régulation des jeux en ligne) a publié, ce 3 novembre, l’état des lieux du marché des jeux et paris en ligne au troisième trimestre de cette année.Un peu plus d’un an après l’ouverture du marché, l’Arjel constate que l’effet de curiosité est désormais estompé et que le secteur semble être entré « dans une phase de consolidation et de fidélisation de ses joueurs ». Mais l’Arjel constate aussi que du point de vue des opérateurs, la situation économique est préoccupante, « les opérateurs devront redoubler d’efforts afin d’atteindre un point d’équilibre extrêmement fragile », note l’Arjel.En ce qui concerne les paris sportifs la dégringolade est plus que sévère. Les mises du 3e trimestre 2011 (145 millions d’euros) sont certes au même niveau que celles du 2e trimestre, et le produit brut des jeux (PBJ) est en hausse de 16 % par rapport au trimestre précédent (en fait parce que le taux de retour aux joueurs est passé de 83 à 80 % d’un trimestre à l’autre), le produit brut des jeux des opérateurs (PBJ) a accusé sur un an une baisse de 24% passant de 38 millions d’euros au 3e trimestre 2010 à 29 millions au 3e trimestre 2011. Et ce malgré le succès de la Coupe du monde de rugby (8 millions d’euros de mises), ou encore de l’Eurobasket masculin (3,8 millions d’euros de mises).Avec 766 millions d’euros de mises depuis le début de l’année 2011, les paris hippiques continue leur insolente ascension avec une hausse de 6% des mises par rapport au deuxième trimestre 2011 et de plus de 45% par rapport au troisième trimestre 2010. Le produit brut des jeux trimestriel atteint même son meilleur niveau depuis l’ouverture du marché avec 69 millions d’euros (39 millions au troisième trimestre 2010). Par ailleurs, la stratégie commerciale des cagnottes a en partie compensé la diminution du taux de retour aux joueurs (de 79% à 74%).Les deux marchés des jeux de cercle semblent avoir atteint un niveau d’équilibre que l’Arjel qualifie de « régulier et révélateur d’une activité stable mais dynamique ». Avec plus de 5,7 milliards d’euros de mises cumulées pour le poker en cash game et 835 millions d’euros de droits d’entrée en tournois, ce secteur est stable depuis le début de l’année et ce, malgré une diminution des montants de bonus distribués (en baisse de 2% par rapport au trimestre précédent). Le marché des tournois de poker en ligne a explosé avec une hausse de plus de 89% de droits d’entrée en un an (286 millions d’euros au troisième trimestre 2011 contre 141 millions d’euros un an auparavant). En marge de la publication de ce bilan, Jean-François Vilotte, président de l’Arjel interrogé par Le Figaro admet que la décision du Gouvernement de ne pas changer en 2012 la fiscalité appliquée aux jeux en ligne pose de sérieux problèmes. «Si la question du modèle fiscal n’est pas examinée attentivement, les joueurs risquent de déserter les sites légaux », avertit Jean-François Vilotte. « Il est nécessaire de changer l’assiette fiscale, afin de donner des marges de manœuvre aux opérateurs. Le statu quo ne constitue en rien une garantie du maintien des recettes fiscales, car le modèle économique du marché est trop fragile », conclut le président de l’Arjel.Claude Lefranc© Casinoweb 2011